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samedi avril 04, 2020
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Vital Kamerhe, membre fondateur du PPRD et ancien président de l’Assemblée nationale, n’est pas le seul député à avoir démissionné du PPRD et de l’Assemblée nationale ainsi que cela a été annoncé à Kinshasa le mardi 14 décembre courant.

Plusieurs députés membres du parti présidentiel ont démissionné du parti majoritaire et de l’assemblée nationale et d’autres encore entendent le faire dans un avenir proche.

 

 

Parmi les démissionnaires, il n y a Claudel André Lubaya (Kasaï-Occidental), Ewanga Isewanga Jean-Bertrand (Equateur), Bakungu (Nord-Kivu), Kika Marie-Jeanne (Sud-Kivu), Molisho Jacques (Province Orientale), et Alain Mbaya Kakasu ( Kasaï-Oriental).

Congoone a pu joindre Claudel Lubaya, membre fondateur du PPRD et ancien gouverneur du Kasaï-Occidental, qui a justifié sa décision de démissionner du PPRD et de l’assemblée nationale en ces termes : « En tant que fondateur de l’Union pour la nation congolaise (UNC) avec d’autres députés, je ne pouvais rester à l’Assemblée nationale devenue depuis peu une simple chambre d’enregistrement des volontés nocives du gouvernement. J’ai donc quitté le PPRD et démissionné de l’Assemblée nationale avec d’autres collègues ».

Il nous revient que la liste des démissionnaires et du PPRD et de l’Assemblée nationale  va s’allonger progressivement. Cela est en fait fonction du courage politique de chaque député et de sa capacité d’assumer sa décision en dépit des pressions, voire des menaces exercées sur certains.

Vital Kamerhe ayant annoncé que l’UNC est un parti de l’opposition, on peut raisonnablement en déduire que le président de l’UNC et ses amis politiques qui ont démissionné du PPRD et de l’Assemblée nationale ont pris la juste mesure de la conséquence de leur décision individuelle. Car, en renonçant à leur mandat de député, ils ont renoncé également à leurs émoluments. Il en est de même des « motivations financières » qui sont souvent attribuées aux parlementaires de la majorité et à certains de leurs collègues de l’opposition pour soutenir le gouvernement chaque fois qu’il s’est trouvé sous la menace d’une motion de méfiance.

Au moment où d’aucuns doutent de la sincérité de la démarche politique de Vital Kamerhe, Omer Nkamba Kabwa ka Ntanda, président de la DPRe, salue pour sa part le courage politique de ceux qui ont quitté l’Assemblée nationale et le PPRD au profit de l’UNC et de l’opposition. Pour le président de la DPRe, leur geste a le mérite de la clarté et porte un message sans équivoque selon lequel la gestion de la RDC par Joseph Kabila et son gouvernement parallèle n’a été qu’une navigation à vue et qu’il faut doter le Congo d’un autre leadership.

Tirant les leçons des élections de 2006 qui ont vu ceux qui se disaient opposants à Kabila former une alliance avec lui au second tour de la présidentielle, Omer Nkamba souhaite que l’opposition renonce aux querelles byzantines et se mette en ordre de bataille dès le premier tour de la présidentielle pour se prémunir contre toute surprise qui ferait que Kabila rempile alors que non seulement il n’a pas de bilan à présenter, mais le niveau de vie du congolais en 2010 a reculé par rapport à ce qu’il était en 1970 comme l’atteste le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Adepte de l’approche humaniste en politique, Omer Nkamba croit en la capacité de Kamerhe et de ses amis politiques de demeurer fidèles au camp du peuple comme Etienne Tshisekedi et d’autres responsables politiques de l’opposition. Quand on lui rappelle que ceux qui doutent de Kamerhe n’ont pas oublié qu’il a été l’homme orchestre de la campagne de Kabila en 2006 et qu’il écrit «  Pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila », Omer Nkamba réplique que cela fait partie du parcours politique de Kamerhe mais ne l’a pas empêché de rompre avec Kabila, tout comme le fait pour Tshisekedi d’avoir été proche collaborateur de Mobutu ne l’avait pas empêché d’être le plus farouche de ses opposants politiques.