| Le gouvernement et la Banque Centrale du Congo au centre d'un scandale financier de fonds " vautours" |
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| Écrit par Joseph ILUNGA |
| Jeudi, 15 Avril 2010 11:59 |
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Mais, pour y parvenir, le Congo à démocratiser doit prouver au FMI et à la Banque Mondiale qu'elle a réussi à mettre en oeuvre les sept déclencheurs que sont la stabilité macroéconomique, l'utilisation de l'épargne budgétaire, la gestion des dépenses publiques, la bonne gouvernance et la prestation des services dans les secteurs priorotaires, les secteurs sociaux de base et la gestion de la dette.
Officiellement, le gouvernement est satisfait de la mise en oeuvre de sept déclencheurs du Point d'achèvement PPTE. C'est la très offcielle Agence congolaise de presse qui l' a annoncé après une réunion d'évaluation que le premier ministre Adolphe Muzito a tenue mardi 13 avril courant à Kinshasa avec les partenaires de la RDC, à savoir les ambassadeurs des pays de l'Union européenne, ceux du Canada et des USA ainsi que les représentants du FMI et de la Banque Mondiale. Si l'élégance diplomatique a prévalu au cours de la réunion du mardi 13 avril, des observateurs signalent que la RDC est mal engagée et que les partenaires qui ont pris part à la réunion ne sont pas sans savoir que d'aucuns au coeur du pouvoir congolais reccourent aux fonds dits vautours pour s'enrichir sans cause et que donc la bonne gouvernance relève encore du monde des idées. En effet, ainsi que le soulignait BBC Afrique dans son édition du 12 avril courant, les "fonds vautours" sont accusés d'être des prédateurs implacables. Une nouvelle loi en Grande Brétagne interdit les fonds d'investissement "vautours" qui réalisent des profits énormes en spéculant sur les dettes de pays pauvres. Le principe est simple. En fait, ces fonds achètent à bas prix les créances de pays pauvres avant de se pourvoir en justice pour réclamer le remboursement de la totalité des sommes dûes. Michael Sheehan, homme d'affaires américain, avait profité de l'Initiative PPTE en achetant les créances de la Zambie datant des années 70 pour un montant de 3 millions de dollars américains. Par la suite, il avait menacé de paralyser l'économie zambienne en trainant en justice tous ceux qui conclueraient des transactions avec la pays à moins qu'ils lui versent au préalable 55 millions de dollars américains. Il ne s'était pas arrêté en si bon chemin. Il avait ensuite intenté un procès contre la Zambie devant les tribunaux britanniques qui lui avait permis d'empôcher 15 millions de dollars américains selon une enquête de la chaine de télévision BBC2.
Quand d'autres vautours sévissent en RDC
La Commission économique et financière de l'assemblée nationale ( ECOFIN) a mis à jour les pratiques des fonds "vautours" sur base d'une documentation qu'elle a reçue de la Banque centrale du Congo ( BCC) comportant trois éléments. Il s'agit d'abord de la lettre de garantie en faveur des entreprises du Groupe Mike "EGM Construct" du 16 août 2007 adressée à la Banque Congolaise pour un import de 10 millions de dollars américains par les ministres du Budget, Adolphe Muzito, et des Finances, Athanase Matenda Kyelu. Il y a ensuite un protocole d'accord confidentiel signé en date du 20 novembre 2009 par le ministre du Budget, Lokola Elemba, et son collègue des Finaces, Athanase Matenda Kyelu portant sur un montant de 68.618.973 dollars américains des créances prétendumment(!) détenues par la Banque Congolaise sur l'Etat congolais. Il est utile de préciser que ces créances rachetées par la Banque Congolaise et dont la plupart datent de plus de 20 ans sont:
-créances Lengelo, Telecel, Offizaïre&Faxim, soit 34.200.000 dollars US auxquels il faut ajouter 5.187.000 dollars US d'intérêt ( 14%), soit un total de 39.387.000 dollars US; -créances STUC de l'ordre de 2.625.730 dollars US; -préfinancement des travaux éffectués par l'entreprise EGM: 20.407.321 dollars US auxquels il faut ajouter 3.198.922 dollars US d'intérêt, soit 23.606.243 dollars US. -créance "LAC" de 3 millions de dollars US. Il ya enfin un Ordre permanent de paiement de 36 billets à ordre de 2.352.997 dollars US chacun totalisant la somme de 68.618.973 dollars US majorée des intérêts de l'ordre de 16.088.925 dollars US, soit au total 84.707.898 dollars américains adressé à la BCC au profit de la Banque Congolaise daté du 19 novembre 2008 signé par Michel Lokola Elemba, ministre du Budget et son collègue Matenda Kyelu du Budget. A la lumière des chiffres mis en exergue par la commission ECOFIN, on ne peut qu'être scandalisé que deux ministres qui savent que toutes les créances antérieures à 2001 devaient être certifiées par l'Office de gestion de la dette publique ( OGEDEP) et soumises à la décote de 80% et liquidées par la Banque Mondiale dans l'enveloppe de 85 millions de dollars US aient endossé des créances douteuses et toxiques sans qu'elles aient été certifiées par l'Office de gestion de la dette publique. Dès lors, la Commission ECOFIN aligne une série d'interrogations: la décision de deux ministres peut-elle engager l'Etat congolais alors qu'ils ne font allusion à aucune décision du Conseil des ministres? Comment la Banque congolaise dont les fonds propres ne dépassent pas les 20 millions de dollars US a-t-elle pu racheter une créance de plus de 68 millions de dollars américains? Pourquoi un protocole d'accord engageant la RDC doit-il porter le sceau de confidentialité? Que cache-t-on alors que cette dette est payée par le trésor public? Plus grave, la BCC note la Commission ECOFIN, se base sur des créances douteuses soustraites à la dette intérieure et non certifiées pour accorder d'importants crédits à la Banque Congolaise qui ne présente aucune garantie fiable. Et pourquoi la Banque Centrale qui s'apitoie au sort de la Banque congolaise n'a pas daigné observer la même bienveillance à l'égard de l'UBC où l'Etat congolais detenait une part significative du capital? Des analystes sont d'avis que les réponses aux questions de fond soulevées par la Commission ECOFIN sont à trouver dans l'enrichissement sans cause des membres du gouvernement et des dirigeants de la Banque centrale avec la complicité de leurs mentors à la présidence de la République et dans les services de sécurité. Seulement, est-il que si dans d'autres pays, ce sont des étrangers qui profitent des fonds "vautours" en spéculant sur les dettes, au Congo ce sont les dirigeants nationaux qui se comportent en mercenaires pour s'enrichir pendant qu'ils sont si fiers de voir leur pays figurer sur la liste des pays pauvres très endettés. On ne peut, à la lumière des faits relevés ci-dessus, résister à la tentation de savoir si Joseph Kabila est au courant de ce faits. Il semble évident qu'il ne peut les ignorer et qu'il en serait l'auteur intellectuel. Au cas où il ne serait pas au courant, alors là le Congo n'est pas gouverné. A-t-il seulement été gouverné aujourd'hui comme hier? |
| Mise à jour le Jeudi, 15 Avril 2010 20:47 |
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Le Congo des Kabila est fier de compter parmi les pays pauvres très endettés et espère ainsi atteindre le point d'achèvement de l'Initiative PPTE ( pays pauvres très endettés) en vue de bénéficier de l'effacement d'une grande partie de sa dette.