| E. Tshisekedi à la célébration œcuménique à Jette:" j'ai le malheur de répondre que l'Udps est en morceaux" |
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| Écrit par Raymond LUAULA |
| Dimanche, 07 Mars 2010 22:09 |
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Intervenant à la fin de la messe marquée par l'interpelant sermon prononcé par Jean-Pierre Mbelu, l'un des concélébrants, Etienne Tshisekedi a, après avoir remercié les organisateurs, répondu à la question mise en exergue sur les divisions qui minent l'Udps. Sans aller par le dos de la cuillère, M. Tshisekedi a affirmé:" J'ai le malheur de répondre que l'Udps est en morceaux". Le président national de l'Udps a profité de l'occasion pour interpeller ses concitoyens venus nombreux à la paroisse Saint Pierre de Jette en les invitant à ne pas s'arrêter aux émotions ni à l'étape des murmures en secret, mais à passer aux actions. Il les a également exhorté à profiter de leur présence dans un pays démocratique comme la Belgique pour parler des problèmes du Congo à haute voix et non en coulisses. Car, a-t-il souligne, ce qui se passe dans notre pays est simplement inacceptable.
Soulignons qu'outre le mot du représentant de l'Udps aux Belux, Dr François Mpuila Tshipamba, prononcé en français, en néerlandais et en anglais, des intentions de messe en faveur du Congo et de son peuple martyrisé par un pouvoir étranger au service de l'étranger ont été dites par des personnalités congolaises dont Justine Mpoyo Kasavubu en kikongo et le prof Mufuta Kabemba ( du MNC) en tshiluba. D'autres personnalités congolaises ont également rehaussé de leur présence ladite célébration œcuménique. Il s'agit notamment d'Omer Nkamba kabwa ka Ntanda de la DePR, de Tharcisse Loseke Nembalemba, de Louise Ngandu de l'UREC, de Patrice Kambi et de Paul Kapita Shabangi pour ne citer qu'eux. Il y a lieu de relever le fait qu'à la fin de la messe, Paul Kapita s'est dirigé vers Etienne Tshisekedi pour le saluer et les deux fondateurs de l'Udps se sont donné l'accolade. Signe des temps?
D'aucuns se sont demandés pourquoi Etienne Tshisekedi qui a eu l'honnêteté de reconnaitre que l'Udps est en morceaux n'a pas dit ce qu'il compte faire pour réunir le parti qui doit retrouver sa vitalité en vue des enjeux présents et futurs. A Congoone, on croit savoir qu'Etienne Tshisekedi qui a déjà pris un certain nombre d'initiatives destinées à faire revenir tous les enfants de l'Udps dans la maison n'a pas voulu en dire plus. Peut-être que la paroisse Saint Pierre n'était pas le lieu indiqué et que la circonstance ne s'y prêtait pas.
Ci-dessous le sermon intégral de l’abbé Jean-Pierre Mbelu
L’unité dans la diversité. (Lignes maîtresses de mon sermon du 07 mars 2010 à la célébration œcuménique organisée par l’UDPS pour commémorer les martyrs du 16 février 1992)
Bibles, chapelets, croix et rameaux à la main, ces dignes filles et fils de notre peuple se sont levés, le 16 février 1992, comme un seul homme pour réclamer l’ouverture de la Conférence Nationale Souveraine ; forum ayant suscité beaucoup d’espoir pour l’avènement d’un pays libre, démocratique et prospère. Ces filles et fils de notre peuple se sont mis debout au nom de leur foi en Dieu et en Jésus-Christ ; au nom de leur foi dans la lutte non-violente pour renverser la dictature mobutienne. Ils avaient réussi à dépasser les clivages philosophiques, sociaux, culturels, politiques et religieux afin que la cause de la démocratie soit entendue. Ils avaient réussi à créer l’unité dans la diversité. Unis dans la lutte pour un pays plus beau qu’avant, ils avaient compris que la diversité des membres du Zaïre de l’époque pouvait devenir une force si elle était assumée dans l’esprit de solidarité et de complémentarité. Telle est l’une des leçons que nous pouvons tirer de la première lecture de ce jour. La diversité des dons et charismes d’un corps contribue à son unification quand leur usage dépasse l’esprit de concurrence et de compétitivité. Car cet esprit – qui est au cœur même du capitalisme- obéit à une logique rivalitaire. Dans cette logique, l’autre n’est abordé que comme ennemi à abattre ou instrument à dompter.
Disons qu’en 1992, nos frères et sœurs ayant participé à « la marche de l’espoir » avaient prouvé qu’unis, ils pouvaient dépasser la peur et défendre les valeurs de la paix, de la justice et du partage équitable des biens de ce monde et aller jusqu’au sacrifice suprême.
A mon humble avis, ils peuvent être comptés parmi « les bienheureux ». Ils ont imité Jésus pauvre. Lui qui, de condition divine, s’est appauvri en devenant solidaire de notre condition humaine. L’unité dans la solidarité et la complémentarité est un lieu où nous nous essayons à la pauvreté, à la suite de Jésus. Elle invité au dépassement de nos orgueils, de nos égoïsmes, de nos folies de grandeur pour devenir solidaires des autres dans leur diversité. Dans ce contexte, s’appauvrir peut signifier renoncer à tout ce qui pourrait constituer un frein à l’épanouissement de notre relation à Dieu (notre Père) et aux autres. C’est se désencombrer de l’idolâtrie de l’avoir, du pouvoir et de la gloriole pour servir, avec les autres, la cause de la vérité, de la justice, de la joie, de la paix, de la liberté et de l’égalité. Il n’y a de véritable unité dans la diversité que dans le refus de l’idolâtrie pour servir ces valeurs, dans la foi (pour nous chrétiens).
Lutter contre cette unité fondée sur les valeurs de la vie peut être une œuvre de l’ignorance, du diable (diabolein signifie diviser) ou un service rendu au capitalisme du désastre prospérant là où la vie est détruite.
Lutter pour cette unité, c’est s’engager à en devenir au quotidien des artisans avec tout ce que cela comporte : les privations de toutes sortes, l’exil, les moqueries, les ironies, les bastonnades et même le sacrifice suprême.
Lutter pour cette unité sur le temps exige foi, courage, patience et persévérance. Le fruit auquel la victoire de cette lutte se reconnaît –lé bonheur collectif partagé- tombe au bout des efforts soutenus à court, moyen et long terme. Pourrons-nous, en célébrant les martyrs de « la marche d’espoir » nous décider à travailler ensemble à court, moyen et long terme dans la foi, le courage, la patience et la persévérance en acceptant notre part de sacrifice ? Tel est, me semble-t-il, l’un des appels que cette célébration nous lance.
J.-P. Mbelu |
| Mise à jour le Lundi, 08 Mars 2010 10:03 |
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Accompagné de son épouse, Etienne Tshisekedi a assisté ce dimanche 7 mars 2010 à la célébration œcuménique organisée par l'Udps pour commémorer les martyrs du 16 février 1992. Cadre: Eglise Saint Pierre de Jette à Bruxelles.
Frères et sœurs, nous nous retrouvons dans cette église pour célébrer la mémoire de nos martyrs et plus particulièrement la mémoire des filles et fils de notre peuple tombées sous les balles des escadrons de la mort de M. Mobutu le 16 février 1992. De prime abord, quelques questions s’imposent : « Le bien fondé de cette commémoration: est-ce le regret pur et simple? Est-ce l'évocation de la mémoire du passé? Est-ce une invitation à réunir les forces avec les nouvelles donnes pour s'engager dans la même lutte? Quelles sont les leçons tirées et à tirer de ce qui s'est passé le 16 février 1992? Quelles sont les attentes des organisateurs de cette commémoration si ce n'est que de réunir les forces pour lutter? Et si c'est ainsi, pourquoi persévérer dans les divisions qui favorisent les intérêts privés et la culture de compétitivité et de dénigrement? Où peut-on placer l'intérêt national?