Editorial
vendredi novembre 16, 2018
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Quand tuer les Congolais(es) au cours d'une guerre raciste de prédation menée par procuration peut être applaudi comme ''une vision d'un leadership responsable'', on est prêt pour l'esclavage.

Ceci ne serait pas très étonnant du point de vue de la conception mercantiliste de la politique. Tuer, assassiner, piller, occuper un ''non-Etat'', le balkaniser, tout cela est bon du moment que ça permet de réaliser des profits mirobolants pour ''les marchands'' et leurs collabos. (La guerre est pour eux une opération économique rentable, comme dirait Riccardo Petrella!) La cupidité, l'avidité et le goût du lucre se moquent de tout repère éthique. Ils sont les signes de la perte de toute boussole éthique. Croire qu'un pays détruit depuis plus de deux décennies par une guerre raciste menée par des proxys interposés peut se reconstruire sans un minimum d'éthique de responsabilité, c'est foutre le doigt dans l'oeil. Malheureusement, certains compatriotes ont pris cette option. Ils sont prêts à poursuivre ''la négritude de service'' pour le bénéfice du fondamentalisme du marche au détriment de toute éthique reconstructiviste.

Ils ont tellement de l'audace qu'ils saluent en ''le kind of guy'' des anglo-saxons ''un visionnaire responsable'' sans que celui-ci ait répondu un seul jour, un seul instant du sang congolais qu'il a versé et qu'il verse encore.

Ces ''fanatiques du marché'' ont la mémoire engloutie dans les affaires.S'ils éprouvent du dédain pour les livres produits sur cette guerre de basse intensité, les rapports Gersony (1994), Kassem (2002), Mapping (2010) , etc. n'ont aucune valeur.

Malheureusement, ils comptent des millions des compatriotes mûrs pour cet ''esclavage volontaire''. Plusieurs parmi eux sont des ''esclaves heureux'', fanatiques des miettes de pain ramassés et des jeux !

Ils applaudissent même quand ils sont avertis que le Congo-Kinshasa va davantage être mis à feu et à sang. Ayant perdu une bonne part de ''Bomoto'', ils en sont venus à aimer leurs bourreaux. Ils se vautrent dans la larbinisme en faisant bien fonctionner la méthode chérie par ''les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent'' : ''Diviser pour régner''.

Dieu merci ! Les minorités organisées et agissantes ne dorment ni ne sommeillent. Elles poursuivent le travail d'éveil des consciences et d'entretien de la mémoire collective sur le temps long.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961