Editorial
vendredi novembre 16, 2018
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Le débat congolais a cette particularité d'être restreint à ce que plusieurs d'entre nous appelle ''les questions d'actualité''. A quelques exceptions près, il pose rarement des questions interpellant notre devenir collectif.

Quand la Grande-Bretagne sort de l'Union Européenne, Mufoncol Tshiyoyo écrit un petit article indiquant que ce pays refusait d'être soumis au diktat de l'Allemagne et pensait voler de ses propres ailes. Ce faisant, la Grande-Bretagne ''ressuscite'' le Commonwealth au moment où Paul Kagame est ''Président'' de l'UA et prône ''le marché africain'' destructeur des frontières de souveraineté (entre les pays africains). Ce Paul Kagame a participé dernièrement au sommet des pays de Commonwealth avant d'accueillir chez lui l'ex-présidente du Libéria afin qu'elle reçoive le prix ''mo.ibrahim'' (pour ''la bonne gouvernance'').

Et comme le note le Patriarche Ciakudia, Paul Kagame a obtenu d'organiser à Kigali, en 2020, le prochain sommet des chefs d'Etat du Commonwealth.

En effet, après le Brexit, la Grande-Bretagne revisite son ancien rêve d'être un empire en réalisant ce que voulait son ancêtre Cecil Rhodes : conquérir le Grand Rift ; c'est-à-dire cette partie de l'Afrique allant du Caire au Cap et habitée, selon lui, par ''une race qui fait la honte de l'humanité''. Cela ne peut être possible qu'avec ces ''nègres de service'' capables de tuer et d'exterminer cette ''race'' dans la totale impunité.

Cet enjeu, ce vieil enjeu ne semble pas être perçu par ceux et celles d'entre nous ayant juré de remplacer le débat d'idées par celui tournant autour de quelques individus appelés à jouer le même rôle que Paul Kagame et Kaguta Museveni.

Chez nous, cet enjeu est disqualifié par ''la question électoraliste'', cette poudre jetée aux yeux des compatriotes ayant complètement oublié la nature de la guerre raciste de prédation et de basse intensité livrée contre le Congo-Kinshasa depuis bientôt plus de deux décennies. L'amnésie a tellement mangé les cœurs et les esprits que la mémoire collective éprise de liberté et de souveraineté est en train d'être engloutie dans la bêtise.

Voilà pourquoi, personnellement, je suis pessimiste quant au devenir collectif de notre pays sur le court terme.

Bon ! Je ne suis qu'un simple individu dont les points de vue peuvent être oubliés !

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961