Diaspora
lundi novembre 20, 2017
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C’est une forte déclaration que vient de publier le belge Dominique Ugeux face à la situation plus que préoccupante en République démocratique du Congo qu’il débaptise pour mieux pousser son coup de gueule de république sanguinaire du Congo. 67 ans, politicologue et expert de l’Afrique et singulièrement de la RD Congo depuis 40 ans, Dominique Ugeux attaque en affirmant d’entrée de jeu que s’il écrivait un livre sur Kabila, ce serait à charge comme un procureur.

Aussi, annonce-t-il les couleurs en qualifiant Joseph kabila de pseudo-président qui n’a plus de légitimité constitutionnelle depuis le 19 décembre 2016, date marquant la fin de son deuxième et dernier mandat présidentiel. Dominique Ugeux souligne avec justesse qu’en RD Congo la terreur quotidienne se conjugue avec l’intimidation permanente, des menaces et de mesures de rétorsion. Plus grave, ajoute-t-il, des massacres sont accomplis à travers tout lle pays. On découvre des charniers sur l’ensemble du territoire national. Le plus connu, selon lui, est celui de Maluku découvert en avril 2015, trois mois après une manifestation fortement réprimée  à Kinshasa.

Quand on a découvert ledit charnier où il y avait 400 corps ( femmes enfants, hommes), rappelle M. Ugeux, il y avait eu une émotion internationale. L’ONU, l’Union européenne et la Belgique à travers Didier Reynders, son ministre des Affures étrangères, avaient  déclaré à l’unisson qu’il fallait qu’une enquête internationale soit immédiatement diligentée. Depuis, c’est le silence des cimetières . Or, relève Dominique Ugeux, il s’agit bel et bien d’un crime contre l’humanité. Et ces crimes sont devenus récurrents sur l’ensemble du territoire congolais. Comment ne pas rappeler ici les 80 fosses communes fraichement découvertes au Kasaï qui n’ont sucité aucune compassion des autorités congolaises ?

Pour Dominique Ugeux, Joseph Kabila est un général de pacotille, fait général en 6 mois en Chine. Il n’ a plus de réels pouvoirs. Il est en réalité sous la tutelle de plusieurs Etats voisins . D’ailleurs, signale-t-il, l’armée congolaise est « encadrée » par des officiers rwandais qui donnent des ordres.

Citoyen belge et Congolais de cœur comme il se définit, Dominique Ugeux a l’honnêteté intellectuelle de reconnaitre que son pays, la Belgique, a joué un rôle néfaste en installant Joseph Kabila sur le trône d’une monarchie présidentielle en 2001. A cause de cela, et contrairement à ses convictions sur l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays comme en Côte d’Ivoire en 2011 ou en Lybie la même année, adresse-t-il solennellement une supplique aux dirigeants des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU afin qu’ils s’accordent pour dégager manu militari Joseph Kabila . Il soutient qu’il s’agit là d’un devoir universel pour éviter un nouveau génocide dont on ne peut imaginer l’ampleur.

Parce que le pouvoir a horreur du vide, Dominique Ugeux propose de remplacer le président récalcitrant pour une période transitoire de deux ans par un homme qui a une grande expérience politique, qui soit intègre, connu et apprécié de ses compatriotes. En deux ans, estime-t-il, ce président transitoire, avec une équipe des personnalités expérimentées  et intègres, peut remettre le pays sur les rails et permettre au peuple congolais de retrouver la sérénité et sa dignité.

Mais quel sort pour Kabila ? Dominique Ugeux a sa petite idée bien arrêtée : il y a suffisamment des preuves pour qu’il soit déféré devant la Cour pénale internationale sous l’inculpation des crimes contre l’humanité auxquels il faut ajouter des crimes économiques  étant donné qu’en 15 ans il a accumulé une fortune colossale qui se rapproche de 20 milliards à travers la création d’une septantaine de sociétés.

Dody Odia Mukadi