Tribune Libre
jeudi janvier 18, 2018
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Monsieur le Président de l'Eglise du Christ au Congo,

Pasteur André Bokundoa-Bo-Libake,

Cher Confrère,

 

Votre élection à la tête de la fédération des églises protestantes de la République Démocratique du Congo le 19 août 2017 a été saluée par beaucoup de fidèles de la République Démocratique du Congo tant protestants que catholiques. Les témoignages sur internet sont éloquents à ce sujet.

 

Monsieur le Professeur, pour plusieurs de vos compatriotes et moi-même, vous êtes une grande et brillante intelligence. Je l'ai peut-être découvert un peu plus tôt que quiconque. Tu fus mon aîné d'une année au Petit Séminaire de Kabwe. Depuis lors, je sais ce dont vous êtes capable intellectuellement. Professeur des Universités, vous avez une bonne maîtrise du droit constitutionnel. Vous l'avez prouvé à plusieurs reprises. Vous avez détruit une fausse thèse sur la fausse inanition de ''la nation'' publiée par l'un de vos frères du bled. Vous prouvez de plus en plus qu'il n'y a pas d'intellectuel neutre. Et vous avez raison. Souffrez que je soulève certaines questions liées à votre dernier entretien avec le journal le Phare. Il date du 10 novembre 2017 et porte sur la publication du calendrier électoral de Nangaa.

Mon approche du ''pacte de redressement du Congo-Kinshasa'' part d'un principe : il ne sert à rien de recourir aux forces du statu quo ayant plongé ce pays dans un gouffre d'une misère anthropologique sans fond pour l'en extraire. Leurs tactiques, méthodes et stratégies ont marqué leurs limites. Il est temps de faire autre chose autrement. Ce principe n'exclut pas qu'il y ait ''re-conversion'' ou ''co-ruption'' dans leurs rangs. Mais compter sur elles comme actrices de premier plan serait contre-productif. Cela étant, il serait possible que ''les forces novatrices'' aillent fouiner dans ''la réserve de la res publica'' pour mobiliser les énergies dormantes.

 

Depuis que le Président de la République a convoqué ce qu’il a appelé un dialogue inclusif entre les forces politiques congolaises jusqu’à l’ouverture de la commission dite préparatoire de cette rencontre, un observateur attentif aux péripéties qui ont ponctué ce processus, jusqu’à l’ouverture réelle de ces assises en ce début du mois de septembre 2016, ne peut pas manquer d’être frappé par deux réalités qui sautent aux yeux.