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vendredi novembre 16, 2018
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''Nous les riches, nous sommes en guerre contre les pauvres et nous sommes en train de la gagner.'' W. BUFFET

Pendant que certains membres des Fosses Communes au Congo (FCC) mettent sur les NTIC (Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication) des massages indiquant que leur lieu de rencontre pour le meeting prévu ce 27 octobre 2018 est plein à craquer, ils sont loin de s'imaginer que d'autres messages sont envoyés par le même canal. En voici un : ''FLASH ! Nous sommes sur avenue KASA-VUBU, marché BAYAKA. Les militants ramassés du FCC sont entrain de scander: *Eeeeh, boyina biso teeeeh, Eeeeeh, tokeyi kozwa Mbongoeeeh, toko voter bango Teeeeeh". '' ''Ces militants ramassés'' s'adressent à leurs compatriotes et leur demandent de ne pas les haïr. Ils vont tout simplement au stade pour recevoir l'argent. Ils ne voteront pas pour les candidats des FCC, affirment-ils. ''Ces militants ramassés'' obéissent à un principe : ''S'ils vous donnent l'argent, prenez. Mais ne votez pas pour eux.''


Mais ce principe fait fi du mensonge systémique sur lequel les FCC sont fondées. Si vous allez prendre leur argent en remplissant le stade, vous leur donnez un argument pouvant justifier leur ''faux penalty'', leur tricherie aux élections plus tard. Quand ils auront bourré les urnes ou changé les clés USB des ''machines à voler'' pour proclamer ''leurs candidats'' victorieux des élections-pièges-à-cons, ils évoqueront ''les pleins'' qu'ils auront réussis à réaliser au cours de leurs meetings.Ils diront : ''Comment êtes-vous étonnés que nos candidats soient victorieux après que la majorité de Congolais(es) nous ait soutenus en participant régulièrement à nos meetings ?''


Tel est le piège dans lequel nos populations appauvries sont en train de se laisser prendre. Elles ne sont pas les seules. Parmi ''les leaders politiques'', plusieurs ''chômeurs de longue durée'' croient dans le même principe. Ils n'ont pas encore compris que l'appauvrissement est une stratégie d'assujettissement auquel recourent ''les maîtres du monde et ceux qui leurs obéissent''. L'un d'eux, Warren Buffet n' a pas froid aux yeux quand il dit : ''Nous les riches, nous sommes en guerre contre les pauvres et nous sommes en train de la gagner.''


Les appauvris par les crimes économiques des ''maîtres du monde et ceux qui leur obéissent'' croient qu'ils sont malins. Ils croient qu'ils sont plus malins que ceux qui les appauvrissent. Ils croient qu'ils sont plus malins que ceux qui ont convertis les votes, comme choix du peuple de ses gouvernants, en pièges-à-cons avalisant leurs propres choix à eux. Terrible !


Il serait peut-être exagéré de demander aux masses appauvries anthropologiquement, plongées dans l'obscurité et l'obscurantisme, lobotomisées par la radio-télévision congolaise, adeptes de ''l'Evangile de la prospérité égoïste et individuelle'' de déployer des miracles. ''La meilleure fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a'', dit-on.


''Les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent'' ont conscience de l'usage qu'ils font de l'argent et du mensonge systémique dans la guerre qui les opposent aux appauvris. Ces derniers, au Congo-Kinshasa, ne sont pas encore devenus une masse critique, capable de comprendre les enjeux de cette guerre raciste perpétuelle. Plusieurs ont comme ''leaders'', des ''chômeurs de longue durée'' luttant pour appartenir au camp des riches en se servant des appauvris comme marchepieds.


A regarder les choses de plus près, ces ''chômeurs de longue durée'', ''les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent'' appartiennent au même camp ; celui du statu quo qui lutte contre les appauvris en les lobotomisant, en en faisant des fanatiques, des thuriféraires et des applaudisseurs.
Dans cet univers lobotomisé et décervelé, le discours des ''minorités agissantes et éveillées'' peine à prendre. Il fait quand même quelques ''reconvertis''. Mais la tâche est âpre. Néanmoins, elle vaut la peine d'être assumée en conscience.

Babanya Kabudi
Génération Lumumba 1961