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lundi novembre 20, 2017
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Depuis le mois de janvier de cette année, la violence dans le Grand Kasaï a dépassé l’Est de la RD Congo selon bien d’observateurs. Le conflit entre les adeptes de Kamuina Nsapu, chef coutumier assassiné, et l’armée gouvernementale a touché les cinq provinces du Grand Kasaï avec à la clé des dizaines de fosses communes et plus d’un million de déplacés dont des milliers de réfugiés en Angola.

Après avoir pris pour cible les symboles de l’Etat, les miliciens Kamwuina Nsapu se sont attaqués depuis mars dernier aux institutions scolaires et religieuses. L’Eglise catholique en a payé un très lourd tribut.

La ville de Mwene-Ditu a été singulièrement ciblée en mars 2017 par des miliciens en provenance de Luiza. Dans leur conquête funeste, entre Tshimbulu et Mwene-Ditu, des prêtres ont été battus, ligotés, arrêtés, leurs biens ravis. Un abbé curé et une religieuse arrêtés et sur le point d’être exécutés n’ont eu la vie sauve que parce que la religieuse a pleuré dans un dialecte parlé par plusieurs miliciens ( Tshiketa).

Les rapports des experts se suivent et se ressemblent. Plusieurs auteurs directs et indirects du ''génocide congolais'' qu'ils dénoncent depuis le rapport Gersony de 1994 restent impunis. Et ''ce génocide'', une atteinte à la fierté, à la dignité et l'identité congolaises poursuit son petit bonhomme de chemin. L'interpréter en termes d' 'épuration ethnique'', c'est, en filigrane, allumer le feu de la division et de la balkanisation du pays en incitant les Congolais(es) à s'affronter. Le piège de ''l'épuration des Kasaïens'' par ''les Bana Mura'' (Katangais) est gros.