 Jésus de Nazareth fils de Marie a été appelé
Rabbi, Prophète, Messie (Christ), Fils de David, Fils de Dieu, etc. Mais selon
le témoignage unanime des 4 Evangiles, il a préféré une seule expression pour
se désigner : « le Fils de l’homme » ! Et il est le seul à
s’auto désigner par un titre aussi énigmatique. Or loin d’être une invention du
Charpentier fils de Joseph, cette expression apparaît comme une figure de
grande envergure dans la littérature apocalyptique juive (Daniel, 1 Hénoch,
etc.) ainsi que dans l’Apocalypse de Jean. Cet ouvrage du Professeur Félix
Mutombo-Mukendi, de portée historique et exégétique constitue donc un précieux
manuel qui expose succinctement ce qu’est l’Apocalyptique, la figure du Fils de
l’homme, le rôle qu’il joue dans l’Attente juive et chrétienne, l’usage
complexe qu’en fait Jésus le Christ et sa place dans la dynamique subversive de
l’Espérance :
Extrait
de Postface :
Le monde présent, selon le Livre de Daniel, était dominé par les
« bêtes » symbolisant les royaumes humains ainsi que leurs monarques
successifs qui rivalisaient en puissance, impiété, arrogance et méchanceté dans
l’Histoire. De même que les « bêtes » dominatrices sont des symboles,
ainsi en est de celui qui est « comme un fils d’homme », qui reçoit
bien plus que ce dont jouissaient les « bêtes », à savoir domination,
gloire et règne éternels. Du symbole de Daniel, les Evangélistes passent au
Fils de l’homme, Espérance des hommes !
Cette Espérance rejoint ce que j’ai appelé
« utopie-en-action » : celle qui ne recule point ; qui ne
s’embarrasse point des victoires du passé (vraies ou fausses) ; qui ne se
nourrit point du rassasiement d’hier, de la gloire de nos ancêtres ; une
utopie-en-action qui ne connaît pas de fin avant la Fin ! A cause de ce
lien que l’Apocalyptique établit entre le présent et l’avenir, entre la réalité
historique et la Promesse, l’Espérance doit continuellement se nourrir et se
prémunir d’une énergie critique du présent en vue d’un discernement salvateur.
Par conséquent, au lieu d’emménager dans les « grottes »
modernes ou construire les répliques de Qumrân, cette Espérance doit se vivre
dans « Jérusalem », c’est-à-dire dans la Cité. Elle doit s’assumer
dans les contradictions existentielles des réalités historiques :
sociales, politiques et morales de la Cité. Sustentée par les exhortations
parénétiques de l’Ecriture, l’Espérance de celui qui est dans l’Attente sera à
même de débusquer tous les faux parmi les « christs » du
présent, dont ceux qui détruisent les hôpitaux et élargissent les cimetières,
et rejeter toutes les contrefaçons parmi les « évangiles » actuels de
la mondialisation philosophique, politique, médiatique, religieuse, éthique,
économique et financière. Le discernement se doit d’être doublé d’une action
concrète, caractéristique d’une Espérance dynamique et persévérante dans le
Monde Nouveau, suite au triomphe éternel du Fils de l’homme sur les
« bêtes » dominatrices de nos Nations et de ce monde.
L’Auteur :
Auteur de Du mirage nationaliste à
l’utopie-en-action du messie collectif. Le cas du Congo-Kinshasa
(L’Harmattan), Félix Mutombo-Mukendi, théologien
et philosophe, est Professeur à la FUTP (Faculté Universitaire de Théologie
Protestante de Bruxelles) et au C.I.E.R.L. / U.L.B. (Centre Interdisciplinaire
d’Etude des Religions et de la Laïcité, une option de la Faculté de Philosophie
de l’Université Libre de Bruxelles). Il enseigne aussi l’Herméneutique et les
Sciences du Nouveau Testament à l’IBTB en Allemagne. Il est également auteur de
plusieurs ouvrages et contributions dont :
· Exégèse et Théologie dans Marc. Le Fils de l’homme ;
· Herméneutique athée et Exégèses modernes ;
· Christologie
des Pères Apostoliques ;
· Cosmogonie africaine au service des sorciers
modernes ;
· Cosmogonie traditionnelle dans l’évangile de la
prospérité ;
· Cosmogonie traditionnelle dans l’action
sociopolitique des christianismes africains.
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