 Nous étions
parmi ceux qui avaient stigmatisé le silence d’Etienne Tshisekedi face à la
crise qui a ébranlé son parti. On le savait en état de convalescence. On savait
également qu’en dépit du repos médical qui lui avait été recommandé par ses
médecins, il continuait à recevoir de la visite, quoique limitée, et à
s’entretenir avec des gens.
Le silence du leader et ses effets
Tout le monde
voulait donc qu’il parle et surtout qu’il se prononce face à la situation
chaotique dans laquelle était plongée son parti. L’homme, multipliant à
l’infini sa légende, est resté de marbre.
Dans l'entretemps, faute d’un
éclairage souhaité et souhaitable, les deux tendances, aile Beltchika et aile
Mutanda, ont continué à évoluer en vase clos. Le 1er Congrès tenu par l’aile Beltchika a eu lieu. Ses troupes
fidèles continuent à clamer à qui veut les entendre que c’est un point de non
retour. Dans l’autre camp, ils renchérissent que le match n’a pas encore eu
lieu. Ce qui a été présenté comme 1er Congrès n’était que de la
préfiguration de l’événement tant attendu par tous les membres de ce parti et
qui aura lieu dans les mois à venir.
Entre ces deux
courants fortement opposés dans leur vision et action sur le terrain, il faut
mentionner un troisième groupe qui prône à vive voix la réconciliation. Les
démarches en coulisse furent entreprises mais rien n’a abouti officiellement. Les
deux camps se campant chacun sur ses positions. Sur une chose au moins, soit la
participation de leur parti aux prochaines échéances électorales, ils sont tous
d'accord. D’où le mot d’ordre qui fut lancé à leurs membres de s'enrôler
massivement.
Un mal profond
Au-delà des
dissensions existantes et de ce point de convergence que nous venons de
soulever, les observateurs attentifs ont pu se rendre compte qu’il y a un mal
profond qui ronge désormais les membres de ce parti : c’est le manque
absolu de confiance entre eux. Ce fléau, caractérisé par une méfiance inouï a
crée un climat malsain au point où les membres influents de deux ailes s’accusent
et se contre accusent sur presque tout et particulièrement sur les actes
sonores ou écrits par leur Président National. Cette suspicion chronique et
maladive est difficile à croire pour les membres qui prônent la démocratie et
le respect des textes. Même si en politique on doit combattre systématiquement les
idées des autres, la remise en question de tout acte ou décision émanant de
leur PN ne peut qu’apparaître délétère et contreproductif à long terme. Car,
elle ruine leur propre crédibilité et les place dans une position « des
faussaires ou des menteurs patentés » sans souci de l’image qu’ils
projettent à l’extérieur de leur structure. Cette attitude a piqué du nez ponctuellement
à l’occasion de l’interview accordée par Etienne Tshisekedi, le lundi 28
septembre dernier à la radio Okapi.
On voulait que
l’homme politique, le maître qui a la confiance de deux ailes de son parti
puisse se prononcer et voilà qu’il saisit à sa manière et le moment et la radio
à qui octroyer son entrevue qu’un groupe de gens se lève pour en contester l’authenticité.
Le souci de l’unité du parti
Nous aurions dû
nous attendre, après cette sortie médiatique de le leur leader, que les membres
des deux côtés puissent finalement en tirer les conséquences, ou tout le moins,
commencer un autre débat à partir des éléments de son entrevue. Cela arrivera
peut-être. Il faut donner du temps au temps pour que les esprits se calment et
trouvent la sage voie de préserver l’unité de leur parti.
Dans
l’entretemps, le maître a parlé et, c’est sans équivoque cette fois-ci. Il a
renié la tenue du premier congrès. Cependant, il n’a rejeté ni un groupe au
détriment de l'autre. Il s’est exprimé en père de famille en se disant qu’il
allait prendre des mesures pour réunir tout le monde autour de lui.
On savait dès le
départ cet exercice difficile et compliqué. Nous attendions de le voir à
l'œuvre pour analyser de quelle manière il allait extraire les marrons du feu.
Habilement, il a renvoyé toute la question et tout le monde à une hypothétique
décision qui suivra sans doute.
Il a donc envoyé
un message clair aux deux camps. Il est à s’attendre de leur part une réaction
réfléchie et non des allégations des apprentis sorciers qui retrouvent à redire
sur tout et ne savent pas se déterminer face aux graves décisions à prendre et
face aux enjeux difficiles qui engagent non seulement leur parti mais la nation
congolaise toute entière.
Interpellation face à l’avenir
Le moment n’est-il
pas venu où les membres de l’UDPS, toute aile confondue, doive s’interpeller et
regarder plutôt les manœuvres sages de leur leader ? Il n’y a que ceux qui ne veulent
pas écouter qui ne comprendront pas le message qui leur est lancé : tout
est à refaire, dans l’ordre et la discipline. Tout le monde est partie
prenante. Voilà comment on peut interpréter positivement ce message du chef.
Autres manœuvres ou interprétations seront toujours les bienvenues mais pour
quelle fin pratique et politique ? Que les gens qui le portent à cœur le soutiennent
dans sa volonté de reconstruire et rebâtir son parti sur des bases solides et
inclusives. Son message passera-t-il au-delà de la division qui est désormais
ancrée dans les antres de son parti ? Et surtout, son message dissipera-t-il le
climat malsain qui a pris domicile dans son parti.
Si jamais il ne passait,
ça sera à quel prix ?
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