Il est 02:21, le 10-09-2010
          à Bruxelles
 
Un climat malsain ronge l’UDPS Par Mwamba Tshibangu
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Nous étions parmi ceux qui avaient stigmatisé le silence d’Etienne Tshisekedi face à la crise qui a ébranlé son parti. On le savait en état de convalescence. On savait également qu’en dépit du repos médical qui lui avait été recommandé par ses médecins, il continuait à recevoir de la visite, quoique limitée, et à s’entretenir avec des gens.

Le silence du leader et ses effets

Tout le monde voulait donc qu’il parle et surtout qu’il se prononce face à la situation chaotique dans laquelle était plongée son parti. L’homme, multipliant à l’infini sa légende, est resté de marbre.

Dans l'entretemps, faute d’un éclairage souhaité et souhaitable, les deux tendances, aile Beltchika et aile Mutanda, ont continué à évoluer en vase clos. Le 1er Congrès tenu par l’aile Beltchika a eu lieu. Ses troupes fidèles continuent à clamer à qui veut les entendre que c’est un point de non retour. Dans l’autre camp, ils renchérissent que le match n’a pas encore eu lieu. Ce qui a été présenté comme 1er Congrès n’était que de la préfiguration de l’événement tant attendu par tous les membres de ce parti et qui aura lieu dans les mois à venir.

Entre ces deux courants fortement opposés dans leur vision et action sur le terrain, il faut mentionner un troisième groupe qui prône à vive voix la réconciliation. Les démarches en coulisse furent entreprises mais rien n’a abouti officiellement. Les deux camps se campant chacun sur ses positions. Sur une chose au moins, soit la participation de leur parti aux prochaines échéances électorales, ils sont tous d'accord. D’où le mot d’ordre qui fut lancé à leurs membres de s'enrôler massivement.

Un mal profond

Au-delà des dissensions existantes et de ce point de convergence que nous venons de soulever, les observateurs attentifs ont pu se rendre compte qu’il y a un mal profond qui ronge désormais les membres de ce parti : c’est le manque absolu de confiance entre eux. Ce fléau, caractérisé par une méfiance inouï a crée un climat malsain au point où les membres influents de deux ailes s’accusent et se contre accusent sur presque tout et particulièrement sur les actes sonores ou écrits par leur Président National. Cette suspicion chronique et maladive est difficile à croire pour les membres qui prônent la démocratie et le respect des textes. Même si en politique on doit combattre systématiquement les idées des autres, la remise en question de tout acte ou décision émanant de leur PN ne peut qu’apparaître délétère et contreproductif à long terme. Car, elle ruine leur propre crédibilité et les place dans une position « des faussaires ou des menteurs patentés » sans souci de l’image qu’ils projettent à l’extérieur de leur structure. Cette attitude a piqué du nez ponctuellement à l’occasion de l’interview accordée par Etienne Tshisekedi, le lundi 28 septembre dernier à la radio Okapi.

On voulait que l’homme politique, le maître qui a la confiance de deux ailes de son parti puisse se prononcer et voilà qu’il saisit à sa manière et le moment et la radio à qui octroyer son entrevue qu’un groupe de gens se lève pour en contester l’authenticité.

Le souci de l’unité du parti

Nous aurions dû nous attendre, après cette sortie médiatique de le leur leader, que les membres des deux côtés puissent finalement en tirer les conséquences, ou tout le moins, commencer un autre débat à partir des éléments de son entrevue. Cela arrivera peut-être. Il faut donner du temps au temps pour que les esprits se calment et trouvent la sage voie de préserver l’unité de leur parti.

Dans l’entretemps, le maître a parlé et, c’est sans équivoque cette fois-ci. Il a renié la tenue du premier congrès. Cependant, il n’a rejeté ni un groupe au détriment de l'autre. Il s’est exprimé en père de famille en se disant qu’il allait prendre des mesures pour réunir tout le monde autour de lui.

On savait dès le départ cet exercice difficile et compliqué. Nous attendions de le voir à l'œuvre pour analyser de quelle manière il allait extraire les marrons du feu. Habilement, il a renvoyé toute la question et tout le monde à une hypothétique décision qui suivra sans doute.

Il a donc envoyé un message clair aux deux camps. Il est à s’attendre de leur part une réaction réfléchie et non des allégations des apprentis sorciers qui retrouvent à redire sur tout et ne savent pas se déterminer face aux graves décisions à prendre et face aux enjeux difficiles qui engagent non seulement leur parti mais la nation congolaise toute entière.

Interpellation face à l’avenir

Le moment n’est-il pas venu où les membres de l’UDPS, toute aile confondue, doive s’interpeller et regarder plutôt les manœuvres sages de leur leader ? Il n’y a que ceux qui ne veulent pas écouter qui ne comprendront pas le message qui leur est lancé : tout est à refaire, dans l’ordre et la discipline. Tout le monde est partie prenante. Voilà comment on peut interpréter positivement ce message du chef. Autres manœuvres ou interprétations seront toujours les bienvenues mais pour quelle fin pratique et politique ? Que les gens qui le portent à cœur le soutiennent dans sa volonté de reconstruire et rebâtir son parti sur des bases solides et inclusives. Son message passera-t-il au-delà de la division qui est désormais ancrée dans les antres de son parti ? Et surtout, son message dissipera-t-il le climat malsain qui a pris domicile dans son parti.

Si jamais il ne passait, ça sera à quel prix ?

CongoOne, Mise en ligne le 29-09-09
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