 Il est le plus grand guitariste solo de l’histoire de la musique
congolaise moderne, après Emmanuel TSHILUMBA WA BALOJI « Tino
Baroza », son maître spirituel, lequel avec Charles MWAMBA
« Dechaud » guitariste accompagnement ont été formés par le
guitariste « hawaïen» Zacharie ELENGA « JHIMMY »
Apparu sur la scène musicale congolaise en 1953, à l’âge de 14 ans, le
guitariste Nico KASANDA fut comblé si tôt de l’immense succès obtenu par
l’avènement de l’African Jazz de Joseph KABASELLE. Son art va mériter une large
reconnaissance. Il est un prodige de la mise en place rythmique. Et la relative
sagesse de ses improvisations n’exclut pas de belles fulgurances jouées avec
une parfaite maîtrise instrumentale.
1953, nous rappelle certes, la création de l’African
Jazz, mais également l’arrivée de la guitare électrique à Léopoldville
(Kinshasa), introduite par le belge Bill ALEXANDRE, soliste de talent et
éditeur de la Firme musicale CEFA. (Compagnie d’enregistrement du
folklore africain)
C’est d’ailleurs lui qui rehaussera la classe de la musique
congolaise moderne. Mais, la guitare électrique s’imposera, et surtout dans les
doigts des Kinois Emmanuel
TSHILUMBA WA BALOJI « Tino Baroza », Nicolas KASANDA, « Dr Nico » et
François LUAMBO MAKIADI « Franco », sous différents styles.
TSHILUMBA
WA BALOJI « Tino Baroza », exploite adroitement ses connaissances théoriques en créant un style
pur et une construction ordonnée et classique. Il possédait une sûreté
rythmique et harmonique exceptionnelle, une invention intarissable. Il est
placé en tout premier rang par la plupart des spécialistes et des
amateurs.
LUAMBO
MAKIADI Franco, joue en marquant
le rythme, en soignant les courbes mélodiques avec beaucoup d’alerte. Il
s’est imposé comme le meilleur spécialiste du jeu en sixte, technique qui
consiste à jouer la guitare en pinçant plusieurs cordes à la fois. L’élégance
mélodique, la frémissante beauté de ses improvisations font de chacun de ses
témoignages enregistrés, un document attachant et précieux. « L’Ecole OK Jazz » est né de son style qui a été le plus copié, le
plus populaire et qui a donné naissance à la « Rumba Odemba »
Enfin, Nico
KASANDA, recherche les effets
techniques en soignant également les courbes mélodiques et la vivacité
rythmique. Il est également cithariste (à l’hawaïenne) d’une virtuosité
époustouflante. Il est la star de cette musique sensuelle et raffinée qui
fonde depuis des années, « L’Ecole African Jazz ». dont le signe caractéristique est la
« Rumba-Rock » .Son doigté guitaristique inimitable passionne les
amateurs qui trouvent en lui un admirable technicien de la guitare, capable
d’en exploiter en solo toutes les ressources, de s’intégrer à une formation de
studio ou de se mettre au service d’un vocaliste.
KASANDA
Nicolas, dit « Nico mobali » et plus tard « Docteur Nico », a vu le jour à Mikalay (Kasaï – RDC), le
7 Juillet 1939. Tout le prédestinait à devenir l’inimitable solo-guitare dont
la réputation n’égale que sa grande modestie. De brillantes études chez les
Frères des écoles chrétiennes de Leo II en font un mécanicien accompli. Nico
est peut être le seul des musiciens de Kinshasa à avoir terminé ses études
qu’il a menées de front avec sa formation musicale qui est, on s’en doute, très
poussée à cette époque.
Dès son jeune âge, il est irrésistiblement attiré par les muses
comme d’ailleurs la plupart des membres de sa famille. C’est son aîné
Charles MWAMBA « Dechaud », et son cousin TINO BAROZA
sortis de l’école de JHIMMY en 1951, qui initieront le jeune amateur, aux
mystères joyeux de la guitare. Ses dons innés l’aideront efficacement à en
pénétrer rapidement tous les secrets, à tel point qu’il parviendra en très peu
de temps, à en remontrer à son « professeur ». Bientôt,
quoiqu’encore écolier, il se produira devant un public averti qui ne lui
ménagera pas ses applaudissements. Sa renommée fera rapidement son chemin et on
l’appellera plus que « NICO mobali ».
Avec son frère professeur qui dorénavant ne jouera que le rôle non moins
important d’accompagnateur, il sera converti de gloriole qui ne lui fera
pourtant pas perdre la tête. Il est resté aussi simple qu’à ses débuts et
chaque jour il ne tend qu’à fructifier ses talents dans l’orchestre AFRICAN
JAZZ, lequel sans lui ressemble à un corps sans âme. Il est devenu synonyme de
guitare magique car la guitare de NICO a un langage particulier : elle
pleure, elle rit, mais elle chante toujours. En 1960, à la Table ronde de
Bruxelles, Nico KASANDA est au sommet de sa gloire pour le soin extrême
qu’il apporte à la production de l’album « Indépendance Cha cha cha »
ainsi qu’à la sophistication de la guitare solo.
Pour l’essentiel de la carrière du Dr Nico KASANDA, voici les
principales périodes qui ont marqué son parcours.
- 1953 – Membre de l’Orchestre AFRICAN JAZZ, de Joseph KABASELLE, aux éditions OPIKA, avec, au fil des années des
musiciens comme : Charles MWAMBA « Dechaud », Antoine KAYA
« Depuissant », Dominique KUNTINA « Willy », Roger IZEIDI,
Ettienne DILUVILA « Baskis, André MENGA, Albert TAUMANI , Isaac MUSEKIWA,
BALOJI « Tino Baroza », Albert KABONDO, Albert DINGA, Augustin
MONIANIA « Roitelet », ARMANDO « Brazzos », Edo Clary
LUTULA, TABU LEY « Rochereau » Joseph MULAMBA « Mujos »,
etc..
- 1963, le 13 Juillet, tous les musiciens de l’African Jazz
se séparent de Joseph KABASELLE, pour former l’Orchestre AFRICAN FIESTA, sous la marque de disque VITA
- 1965, le 16 Novembre, Scission de l’AFRICAN FIESTA, en deux orchestres qui voient le jour en
1966 : L’AFRICAN
FIESTA National de TABU LEY
« Rochereau ». Et,
L’AFRICAN
FIESTA Sukisa du Dr Nico KASANDA,
constitué au fil des années des musiciens :
Charles MWAMBA « Dechaud », Pierre BAZETA « De la
France », André LUMINGU « Zoro » (guitares et guitare basse), Victor KASANDA « Vixon », Joseph
MINGIEDI « Jeff », PEDRO « Cailloux », Gabriel
KAYUMBA « Francky » Michel NGOUALALI (trompettes, saxos et flûte), Paul MIZELE « Paulins », Michel BANDA
« Micky », Joseph AYOMBE « José » Dominique
DIONGAS « Apôtre » Lambert KALAMOY « Vigny »,
Chantal KAZADI, Lassan LESSA, Valentin KUTU « Sangana », Josky
KIAMBUKUTA, Lucie EYENGA (chant), Georges ARMAND (batterie), etc.
Dans les années 70, l’African Fiesta Sukisa, devient l’un des groupes
les plus populaires de la musique congolaise, et connaît
un succès énorme. Il a surtout prouvé qu’il était un des créateurs
les plus originaux du rythme « Muntuansi » issu du profond Kasaï. La
guitare de NICO était immédiatement reconnaissable avec sa manière de couvrir
toute l’étendue sonore des morceaux bien balancés et terriblement accrocheurs.
Des titres comme : « Bougie ya bolingo »
« Ngalula » « Suzarina » «Zadio » « Bolingo ya
sens unique » « Echantillon ya pamba » « Bolingo po na kisi
te » et tant d’autres vont bénéficier d’une mise en place simple,
mais efficace. Fraicheur et spontanéité. Et, tel que FIESTA Sukisa se
présentait à cette époque avec une importante section rythmique emmenée
par une guitare savante de NICO, l’accompagnement de MWAMBA
« Dechaud », la basse de LUMINGU, « Zoro » la
batterie de Georges ARMAND et des choristes avec le sublime KAZADI Chantal,
ou le génial LESSA Lassan. Un très beau témoignage de l’évolution du
groupe.
La reformation de FIESTA SUKISA au début des années 80 (enregistrement à L’I.A.D. Brazzaville – Intégration de la chanteuse Lucie
EYENGA) va connaître
des hauts et des bas, au point où l’orchestre va s’effacer pratiquement
de la scène plusieurs mois avant la traversée du désert du Dr Nico
KASANDA.
En effet, au début du mois d’Août 1985, la santé de NICO va très
mal, il bénéficie tardivement de la couverture médicale accordée
par la présidence de la république, pour être évacué le 22 Septembre 1985 à
Bruxelles, où il meurt peu de temps après son admission à l’Hôpital
St Luc de Bruxelles.
Quatorze ans après sa mort, on est en droit de dire que ce n’est pas
pour rien que Nico KASANDA a été surnommé
« Docteur » Il est aujourd’hui sans aucun doute le père de la guitare
solo classique, celui dont tous les amateurs congolais de la
guitare considèrent comme, une véritable légende vivante, un génie que personne
n’a su imiter.
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