 Waterloo. Il est 20h20 ce
lundi 29 juin 2009 quand l’équipe de Congoone rencontre Alexis Mutanda Ngoy
Muana, secrétaire général de l’Udps, à la veille de son retour à Kinshasa. Et
pour cause, pour obtenir de lui des réponses aux nombreuses questions que
l’opinion se pose au sujet de sa participation aux travaux tenus à Bruxelles du
19 au 22 juin 2009 par des cadres de son parti, de sa rencontre avec le président national de l’Udps, M. Etienne
Tshisekedi, de l’option levée de participer aux élections, de l’organisation
prochaine du congrès (un autre !), de la suspension de Jacques Matanda, représentant
aux USA, de ses rapports avec le président du Comité national, de l’appel fait
à la police pour empêcher la tenue du congrès du groupe de l’ambassadeur
Beltchika.
D’entrée de jeu, une polémique
étant née à la suite de la rencontre à Bruxelles entre Etienne Tshisekedi et
une délégation des cadres de l’Udps qui s’étaient réunis dans la capitale de
l’Europe du 19 au 22 juin 2009, d’aucun soutenant que le président national de
l’Udps avait demandé à ses hôtes d’aller s’entendre avec ceux qui avaient
organisé le congrès à Kinshasa, Congoone a voulu en avoir le cœur net en
posant directement la question à M. Mutanda.
Sans aller par le dos de la
cuillère, M. Mutanda a remercié Congoone de l’initiative tout en l’exhortant à
se méfier des causeries des comptoirs de café. Sans vouloir faire le compte
rendu de la rencontre de sa délégation avec Etienne Tshisekedi, Alexis Mutanda
a souligné qu’à aucun moment le président national de l’Udps ne leur a demandé
d’aller voir Beltchika. Pour lui, le seul fait pour Etienne Tshisekedi d’avoir
renvoyé à l’expéditeur les résolutions du congrès de Righni qui lui avaient été
envoyées par le biais de Mgr Gérard Mulumba Kalemba est une preuve de la
disqualification de Beltchika et son groupe qui n’ont plus qualité pour engager
l’Udps.
D’ailleurs, ajoute Alexis Mutanda, Beltchika et son groupe
savent bien qu’ils ne peuvent plus engager le parti et s’en sont rendus compte
quand ils ont tenté de déposer les conclusions de leur réunion de Righini ainsi
que ce qu’ils appellent les nouveaux statuts de l’Udps au ministère de
l’Intérieur tout comme à l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Ils s’en sont également
rendus compte quand ils ont cherché à déposer la liste des témoins à la CEI et
à la Monuc. Partout, souligne Mutanda, il leur a été signifié qu’ils n’avaient
pas qualité pour engager l’Udps. D’où leur arrivé là ? amertume et la
diarrhée verbale dans le chef de ses
supporters.
Mais, comment en est-on arrivé
là ? Alexis Mutanda explique que les organes centraux de l’Udps
avaient saisi les autorités ainsi que la MONUC pour leur signifier que M. Beltchika n’avait aucune qualité pour engager
l’Udps. C’est ainsi que toutes les autorités saisies opposèrent à Beltchika et
son groupe le mandat délivré au secrétaire général par le président national
dont l’autorité ne souffre d’aucun doute pour engager l’Udps.
Accusé par une certaine opinion
d’avoir requis la force de police pour empêcher la tenue du congrès
initialement prévu à la salle du Zoo, ce qui est considéré comme une preuve de
sa collusion avec le pouvoir kabiliste, Mutanda Ngoy Muana affirme que rien
n’est plus faux. Il soutient n’avoir pas sollicité les forces de l’ordre mais
juste écrit au ministre de l’Intérieur et à l’autorité urbaine pour les
informer qu’un groupe de personnes s’apprêtait à se réunir en congrès de l’Udps alors qu’il n’en avait pas
qualité, la prérogative de convoquer le congrès revenant au seul président
national. L’Udps ayant par ailleurs décliné sa responsabilité quant aux
incidents que cette réunion illégale pourraient provoquer, explique Mutanda,
les autorités ont estimé qu’il fallait empêcher ladite manifestation et ont
utilisé à cet effet les moyens à leur disposition.
Quant à l’accusation de
collusion, Alexis Mutanda la balaie d’un revers de la main et la réponse du
berger à la bergère est que c’est le voleur qui crie au voleur après avoir
financé son prétendu congrès avec l’argent du pouvoir comme l’attestent les
lettres de demande de fonds adressées aux différents ministres, au gouverneur
de la Banque centrale et autres personnalités du pouvoir.
L’Udps est-elle prête à aller
cette fois aux élections ? Alexis Mutanda répond oui sans hésitation
et signale que les combattants sont mobilisés plus que jamais et entendent y
participer massivement. D’où, l’appel qui leur a été lancé pour prendre part à
l’enrôlement, la carte d’électeur servant en même temps de carte d’identité en
attendant le congrès qui devra se tenir dans le trimestre avec un budget
modeste estimé à cent mille dollars américains.
Mais qu’en est-t-il de vos
relations avec le président du Comité national et pourquoi avoir suspendu
Jacques Matanda ? D’aucuns soutiennent que c’est une prérogative
exclusive du président national de l’Udps !
Avec Valentin Mubake, Mutanda
affirme qu’il n’y a rien à signaler et qu’ils travaillent en concertation pour
affronter les défis majeurs auxquels l’Udps sera confronté dans les mois à
venir. Concernant la suspension de Jacques Matanda, représentant de l’Udps aux
USA, Alexis Mutanda souligne qu’elle est tout à fait régulière, la prérogative
exclusive qui revient au président étant de nommer et de relever les
représentants de leurs fonctions. Le secrétaire général de l’Udps annonce par
ailleurs que d’autres représentants indélicats qui sabordent l’image du parti
qu’ils représentent, comme Matanda, connaîtront très bientôt le même sort.
Alors que certains l’accusent de
s’être fait nommé secrétaire général de l’Udps et d’avoir, de ce fait, brisé
l’équilibre géopolitique au sein de l’Udps à la suite de l’éviction de l’ancien
secrétaire général Remy Massamba ma Kiesse, Mutanda Ngoy Muana réplique qu’il
n’y a pas matière à débat. Le successeur de Massamba affirme que son prédécesseur
est toujours dans les rangs, fidèle à
la ligne politique du parti et n’est pas dans le camp de Righini contrairement
à ce que certains tentent de faire croire.
Commentaire
Comme on peut s’en rendre compte,
le rapprochement entre les deux « courants » de l’Udps ne semble pas encore
à l’ordre du jour. Si l’Udps se soumet au suffrage des Congolais dans ces
conditions, elle risque d’en sortir encore affaiblie et la conquête du pouvoir
qui semble l’objectif ne se limiterait que dans le monde des idées.
On n’en est pas encore là. Et à
Congoone, on continue à croire dur comme fer que pour que l’Udps porte
l’immense espoir des Congolais en vue de parvenir à l’alternance au sommet de
l’Etat, il est nécessaire et indispensable qu’elle batte le rappel de toutes
ses troupes et que tous ses enfants rentrent à la maison. Voilà l’exaltante
mission qui revient au chef du parti, le seul chef en qui tous les
« courants » et tous les combattants se reconnaissent. Certes que la
tâche n’est pas facile, mais elle n’est pas impossible non plus.
Propos rendus par Etienne NGANDU
et Raymond LUAULA
|