Il est 19:58, le 30-07-2010
          à Bruxelles
 
Secrétaire général de l’UDPS, Alexis Mutanda s’explique Par CongoOne
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Waterloo. Il est 20h20 ce lundi 29 juin 2009 quand l’équipe de Congoone rencontre Alexis Mutanda Ngoy Muana, secrétaire général de l’Udps, à la veille de son retour à Kinshasa. Et pour cause, pour obtenir de lui des réponses aux nombreuses questions que l’opinion se pose au sujet de sa participation aux travaux tenus à Bruxelles du 19 au 22 juin 2009 par des cadres de son parti,  de sa rencontre avec le président national de l’Udps, M. Etienne Tshisekedi, de l’option levée de participer aux élections, de l’organisation prochaine du congrès (un autre !), de la suspension de Jacques Matanda, représentant aux USA, de ses rapports avec le président du Comité national, de l’appel fait à la police pour empêcher la tenue du congrès du groupe de l’ambassadeur Beltchika.

D’entrée de jeu, une polémique étant née à la suite de la rencontre à Bruxelles entre Etienne Tshisekedi et une délégation des cadres de l’Udps qui s’étaient réunis dans la capitale de l’Europe du 19 au 22 juin 2009, d’aucun soutenant que le président national de l’Udps avait demandé à ses hôtes d’aller s’entendre avec ceux qui avaient organisé le congrès à Kinshasa, Congoone a voulu en avoir le cœur net en posant directement la question à M. Mutanda.

Sans aller par le dos de la cuillère, M. Mutanda a remercié Congoone de l’initiative tout en l’exhortant à se méfier des causeries des comptoirs de café. Sans vouloir faire le compte rendu de la rencontre de sa délégation avec Etienne Tshisekedi, Alexis Mutanda a souligné qu’à aucun moment le président national de l’Udps ne leur a demandé d’aller voir Beltchika. Pour lui, le seul fait pour Etienne Tshisekedi d’avoir renvoyé à l’expéditeur les résolutions du congrès de Righni qui lui avaient été envoyées par le biais de Mgr Gérard Mulumba Kalemba est une preuve de la disqualification de Beltchika et son groupe qui n’ont plus qualité pour engager l’Udps.

D’ailleurs, ajoute Alexis Mutanda, Beltchika et son groupe savent bien qu’ils ne peuvent plus engager le parti et s’en sont rendus compte quand ils ont tenté de déposer les conclusions de leur réunion de Righini ainsi que ce qu’ils appellent les nouveaux statuts de l’Udps au ministère de l’Intérieur tout comme à l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Ils s’en sont également rendus compte quand ils ont cherché à déposer la liste des témoins à la CEI et à la Monuc. Partout, souligne Mutanda, il leur a été signifié qu’ils n’avaient pas qualité pour engager l’Udps. D’où leur arrivé là ? amertume et la diarrhée verbale dans le chef de ses supporters.

Mais, comment en est-on arrivé là ? Alexis Mutanda explique que les organes centraux de l’Udps avaient saisi les autorités ainsi que la MONUC pour leur signifier que M. Beltchika n’avait aucune qualité pour engager l’Udps. C’est ainsi que toutes les autorités saisies opposèrent à Beltchika et son groupe le mandat délivré au secrétaire général par le président national dont l’autorité ne souffre d’aucun doute pour engager l’Udps.

Accusé par une certaine opinion d’avoir requis la force de police pour empêcher la tenue du congrès initialement prévu à la salle du Zoo, ce qui est considéré comme une preuve de sa collusion avec le pouvoir kabiliste, Mutanda Ngoy Muana affirme que rien n’est plus faux. Il soutient n’avoir pas sollicité les forces de l’ordre mais juste écrit au ministre de l’Intérieur et à l’autorité urbaine pour les informer qu’un groupe de personnes s’apprêtait  à se réunir en congrès de l’Udps alors qu’il n’en avait pas qualité, la prérogative de convoquer le congrès revenant au seul président national. L’Udps ayant par ailleurs décliné sa responsabilité quant aux incidents que cette réunion illégale pourraient provoquer, explique Mutanda, les autorités ont estimé qu’il fallait empêcher ladite manifestation et ont utilisé à cet effet les moyens à leur disposition.

Quant à l’accusation de collusion, Alexis Mutanda la balaie d’un revers de la main et la réponse du berger à la bergère est que c’est le voleur qui crie au voleur après avoir financé son prétendu congrès avec l’argent du pouvoir comme l’attestent les lettres de demande de fonds adressées aux différents ministres, au gouverneur de la Banque centrale et autres personnalités du pouvoir.

L’Udps est-elle prête à aller cette fois aux élections ? Alexis Mutanda répond oui sans hésitation et signale que les combattants sont mobilisés plus que jamais et entendent y participer massivement. D’où, l’appel qui leur a été lancé pour prendre part à l’enrôlement, la carte d’électeur servant en même temps de carte d’identité en attendant le congrès qui devra se tenir dans le trimestre avec un budget modeste estimé à cent mille dollars américains.

Mais qu’en est-t-il de vos relations avec le président du Comité national et pourquoi avoir suspendu Jacques Matanda ? D’aucuns soutiennent que c’est une prérogative exclusive du président national de l’Udps !

Avec Valentin Mubake, Mutanda affirme qu’il n’y a rien à signaler et qu’ils travaillent en concertation pour affronter les défis majeurs auxquels l’Udps sera confronté dans les mois à venir. Concernant la suspension de Jacques Matanda, représentant de l’Udps aux USA, Alexis Mutanda souligne qu’elle est tout à fait régulière, la prérogative exclusive qui revient au président étant de nommer et de relever les représentants de leurs fonctions. Le secrétaire général de l’Udps annonce par ailleurs que d’autres représentants indélicats qui sabordent l’image du parti qu’ils représentent, comme Matanda, connaîtront très bientôt le même sort.

Alors que certains l’accusent de s’être fait nommé secrétaire général de l’Udps et d’avoir, de ce fait, brisé l’équilibre géopolitique au sein de l’Udps à la suite de l’éviction de l’ancien secrétaire général Remy Massamba ma Kiesse, Mutanda Ngoy Muana réplique qu’il n’y a pas matière à débat. Le successeur de Massamba affirme que son prédécesseur est toujours dans les rangs,  fidèle à la ligne politique du parti et n’est pas dans le camp de Righini contrairement à ce que certains tentent de faire croire.

Commentaire

Comme on peut s’en rendre compte, le rapprochement entre les deux « courants » de l’Udps ne semble pas encore à l’ordre du jour. Si l’Udps se soumet au suffrage des Congolais dans ces conditions, elle risque d’en sortir encore affaiblie et la conquête du pouvoir qui semble l’objectif ne se limiterait que dans le monde des idées.

On n’en est pas encore là. Et à Congoone, on continue à croire dur comme fer que pour que l’Udps porte l’immense espoir des Congolais en vue de parvenir à l’alternance au sommet de l’Etat, il est nécessaire et indispensable qu’elle batte le rappel de toutes ses troupes et que tous ses enfants rentrent à la maison. Voilà l’exaltante mission qui revient au chef du parti, le seul chef en qui tous les « courants » et tous les combattants se reconnaissent. Certes que la tâche n’est pas facile, mais elle n’est pas impossible non plus.

Propos rendus par Etienne NGANDU et Raymond LUAULA

CongoOne, Mise en ligne le 30-06-09
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